Se lancer dans une formation big data : les étapes clés

A travers cet article, découvrez les compétences nécessaires pour exercer cette profession au cœur du Big Data. Responsable de la gestion et de l’analyse de données massives au sein d’une entreprise, le Data Scientist est aujourd’hui la version évoluée du Data Analyst. Selon une étude, le salaire annuel moyen d’un Data Scientist atteint 116 840 $. La spécialisation exigée pour ce métier le rend particulièrement recherché, à tel point que l’offre d’emploi dépasse nettement le nombre de candidats qualifiés. La réalité du métier ? Stimulante, exigeante, réservée à ceux qui allient curiosité et rigueur. Pour viser ce poste, il faut bien plus qu’une appétence pour les chiffres. Voici une exploration concrète des compétences incontournables pour bâtir une carrière dans ce domaine dynamique.

Comment devenir Data Scientist ? Formation et compétences requises

1, Une formation solide pour les analystes

Actuellement, près de 9 Data Scientists sur 10 affichent au moins un diplôme de niveau master, et près de la moitié vont jusqu’au doctorat. Cette formation académique s’avère indispensable pour acquérir la profondeur de connaissances requise dans la profession.

La majorité de ces experts (32 %) viennent des filières mathématiques et statistiques. 19 % ont suivi un cursus en informatique, et 16 % sont issus d’écoles d’ingénieurs. Les profils sont variés, mais la prédominance des sciences exactes reste nette.

2, Maîtriser les statistiques, une obligation

Impossible de faire l’impasse sur les statistiques : tout Data Scientist doit disposer d’un socle solide en calcul statistique. Savoir choisir la méthode d’analyse la plus adaptée pour chaque jeu de données s’appuie sur cette maîtrise fondamentale.

3, Dominer les outils analytiques

La pratique approfondie d’au moins un outil analytique, comme SAS ou R, figure parmi les prérequis du métier. R, en particulier, s’impose comme la référence historique pour l’analyse et l’extraction de données.

4, Langages de programmation incontournables

Les offres d’emploi exigent la capacité à coder dans au moins un langage. Python domine le secteur, mais Java, Perl ou C/C++ sont aussi appréciés selon les contextes et les besoins des entreprises.

5, Intégrer le Machine Learning

Pour aller au-delà de l’analyse classique, la connaissance de méthodes de machine learning fait la différence. Forêts d’arbres de décision, k plus proches voisins, méthodes avancées : ces techniques sont appliquées via les bibliothèques R ou Python, sans avoir à réinventer les algorithmes. L’essentiel ? Savoir choisir la méthode la plus pertinente selon le contexte.

6, Bases en algèbre linéaire et fonctions multivariées

L’algèbre linéaire et les fonctions de plusieurs variables servent de socle à une grande partie des calculs statistiques et des techniques d’apprentissage automatique. Certaines entreprises, pour accroître la performance de leurs modèles, développent même leurs propres versions de ces outils.

7, Savoir manier Hadoop et les outils de transformation

Dans de nombreuses structures, la maîtrise de Hadoop est un critère de sélection. S’ajoutent parfois des compétences sur les outils de transformation comme Hive ou Pig, et la familiarité avec les solutions cloud telles qu’Amazon S3 peut peser dans la balance.

8, Programmation SQL : le retour en force

Les bases de données Hadoop et NoSQL se sont imposées, mais la demande pour la programmation SQL reste forte. Savoir rédiger et exécuter des requêtes SQL est redevenu une compétence recherchée, avec une tendance lourde en faveur de SQL dans le Big Data.

9, Gérer les données non structurées

La capacité à traiter des données non structurées, issues des réseaux sociaux, de flux vidéo ou audio, distingue les professionnels aguerris. Il s’agit aussi de savoir gérer les imperfections : valeurs manquantes, formats incohérents… Une expertise particulièrement appréciée dans les entreprises en transition vers l’analyse de données.

10, Compétences d’ingénierie logicielle

Dans les petites structures, le Data Scientist doit parfois endosser aussi le rôle d’ingénieur logiciel. Ces compétences permettent de piloter le développement de produits axés sur la donnée ou d’optimiser les processus d’enregistrement d’informations.

11, Curiosité intellectuelle

Une curiosité aiguisée reste une qualité clé : elle permet d’identifier ce qui, dans la masse de données, peut devenir un levier pour l’entreprise. Aller au-delà des questions posées, formuler ses propres hypothèses, voilà ce qui distingue le Data Scientist créatif.

12, Avoir une vision entrepreneuriale

Pour exploiter tout le potentiel du Big Data, il faut comprendre les enjeux business et anticiper les opportunités offertes par la donnée. Le Data Scientist doit donc saisir les problématiques de l’entreprise et de son secteur, pour transformer la donnée en valeur concrète.

13, Savoir communiquer

Intégré dans l’entreprise, le Data Scientist doit réussir à transmettre ses découvertes, même techniques, aux autres équipes : marketing, commercial, direction… Il facilite la prise de décision en rendant ses analyses accessibles. Maîtriser des outils de visualisation comme ggplot ou d3.js devient ici un atout évident.

Au final, une carrière dans la Data Science suppose un large éventail de compétences pointues. Avant de se lancer dans une formation, il est judicieux d’évaluer si l’on possède cette polyvalence et cette appétence pour la donnée.

Quels sont les meilleurs parcours en France pour devenir Data Scientist ?

En France, près de quarante cursus se consacrent à la Data Science. Master, mastère spécialisé, MSc, MBA : les voies d’accès sont pluriels, adaptées à différents profils et ambitions.

On peut distinguer trois grandes familles de formations :

  • Les écoles d’ingénieurs et les universités scientifiques : ENSAI, Polytechnique, Télécom ParisTech, Télécom Nancy, EISTI, EPITA… proposent toutes leur propre programme Data Science. Côté premier cycle, l’Université de Reims-Champagne-Ardenne offre un master en statistiques appliquées, Lyon-II propose un M2 en Data Mining et Big Data, Dauphine mise sur un master exécutif en statistiques, tandis qu’à l’UPMC, il existe un cursus Data Science complet. Nantes, Nice-Sophia, Paris-VIII, Paris-Saclay multiplient aussi les options spécialisées.
  • Les écoles de management : Télécom EM, Neoma, HEC, Audencia, Inseec, Ieseg, ECE, ESC Rennes, Essca, le pôle Léonard-de-Vinci ou l’Institut de l’Internet et du Multimédia proposent des spécialisations MS, MSc ou de troisième année tournées vers la data.
  • Les formations mixtes ingénieur-management : Essec et Centrale-Supélec, EPSI et Esilv, entre autres, allient les deux dimensions pour former des profils hybrides très recherchés.

À côté de ces voies académiques, des organismes spécialisés ont émergé. Parmi eux, DataTest et surtout DataScienTest, qui s’est imposé depuis 2015 comme une référence nationale et européenne. Plus de trente groupes du CAC 40 font appel à DataTest pour former leurs collaborateurs à l’expertise data. Avec des formations dès 8 mois accessibles aux particuliers (à partir de 4495 €), le succès ne se dément pas : une quinzaine de sessions sont proposées chaque année, en intensif ou format continu, avec possibilité de co-certification par la Sorbonne.

Quel salaire pour un Data Scientist ? Quelles perspectives d’emploi ?

Le métier de Data Scientist figure parmi les mieux rémunérés et les plus recherchés du marché. Aux États-Unis, la rémunération moyenne dépasse 110 000 $. En France, un profil débutant peut espérer entre 45 000 et 50 000 € par an. Malgré l’explosion des formations, les entreprises peinent encore à trouver des experts suffisamment aguerris pour répondre à leurs besoins croissants.

Le métier de Data Scientist va-t-il disparaître ?

D’après un rapport Gartner, plus de 40 % des tâches actuelles du Data Scientist seront automatisées à court terme. Ce gain de productivité se traduira par une utilisation renforcée des outils d’analyse par des profils non spécialisés. Gartner définit d’ailleurs le concept de « scientifique des données citoyen » : des professionnels capables de créer ou d’exploiter des modèles avancés grâce à des outils prédictifs, sans expertise statistique poussée. Cette démocratisation permet aux entreprises de réduire l’écart entre l’analyse en libre-service et les techniques expertes. Les éditeurs de logiciels, eux, poursuivent l’automatisation de l’intégration et de la modélisation, simplifiant l’accès à la data science. Mais, malgré ces évolutions, l’intelligence artificielle ne devrait pas balayer le rôle du Data Scientist, dont la vision et la capacité d’interprétation resteront irremplaçables.

Data science et IA : les soft skills à développer

On imagine souvent ces métiers comme exclusivement techniques, peuplés de profils absorbés par des lignes de code et des graphiques abscons. Pourtant, la réalité est nettement plus nuancée.

Les soft skills s’acquièrent en formation

Les métiers du Big Data exigent une expertise avancée en informatique, statistiques et mathématiques, mais la polyvalence reste la règle. Les diplômés des écoles de commerce trouvent ainsi leur place aux côtés des ingénieurs. Les connaissances en gestion, économie ou marketing s’avèrent précieuses, mais les compétences comportementales font aussi la différence. Le master intelligence artificielle de la FGES à Lille illustre bien cette approche : il accorde une attention particulière au développement des soft skills. Ce type de parcours permet d’envisager une évolution vers des postes comme Chief Data Officer ou Business Intelligence Manager.

L’intelligence relationnelle, indispensable

Si la maîtrise de la technologie reste centrale, le Data Analyst ou le Data Scientist travaille rarement seul. Savoir dialoguer avec tous les métiers de l’entreprise relève d’une compétence clé : l’intelligence relationnelle. Elle s’impose pour comprendre les besoins de chacun et faire circuler l’information de manière efficace. C’est tout un ensemble de qualités transversales qui sont recherchées lors des recrutements, au-delà des savoir-faire purement techniques.

D’autres soft skills à cultiver pour le Data Scientist

Comprendre et interpréter les données est une chose, savoir transmettre ces résultats en est une autre. La capacité à vulgariser les analyses, à rendre accessible l’information, devient déterminante pour que l’ensemble de l’équipe saisisse la portée des découvertes.

Voici quelques qualités humaines à développer pour évoluer dans ce secteur :

  • L’écoute et la perspicacité : Un Data Analyst doit intégrer l’humain dans sa démarche, comprendre les attentes de l’entreprise et anticiper les problématiques. La capacité à discerner les enjeux et à extraire l’essentiel des données fait toute la différence.
  • La résistance au stress : Face à des défis quotidiens et une pression constante, les professionnels de la data doivent savoir garder le cap. Data Analyst, Data Scientist ou Chief Data Officer : la résilience est leur meilleure alliée.

En définitive, se former à la Data Science, c’est bien plus qu’apprendre à manier des outils ou des langages de programmation : c’est devenir capable de relier technique, humain et stratégie, pour transformer l’océan des données en boussole pour l’entreprise.