Quelles options de carrière après la grande distribution ?

Jonathan Le Borgne est responsable du marketing des médias sociaux. Mais dans son ancienne vie, il était gérant dans les détaillants de masse. C’est en créant son propre blog sur le commerce de détail qu’il a réussi à entrer dans le numérique et à trouver un emploi dans ce domaine. Il raconte sa carrière, la réalité de sa profession actuelle, et comment son blog lui a permis de se positionner dans ce domaine !

Salut, Jonathan ! Parlez-nous de votre parcours en toute transparence ?

Mon parcours, c’est un BTS MUC suivi d’une licence pro Commerce, puis cinq années passées dans la grande distribution. Quand on regarde mes diplômes, on pourrait se demander comment j’ai atterri dans le secteur des médias sociaux. Voici comment tout s’est enchaîné pour moi.

Avant de rejoindre l’univers des médias, j’ai débuté comme employé, puis assistant, avant de devenir directeur dans un grand magasin. J’ai géré les rayons, les équipes, le chiffre d’affaires, les stocks, les plannings, les opérations commerciales. Quinze personnes sous ma responsabilité à la fois. C’était stimulant, intense, et formateur. Cette expérience m’a appris ce que les bancs de l’école n’enseignent pas : prendre confiance, hiérarchiser son temps, décider vite, travailler en collectif, oser se lancer.

Mais ce qui me fascinait, c’était déjà le web. À cette époque, j’ai commencé à développer des compétences numériques en parallèle de mes fonctions : partenariat avec une WebTV, graphisme, gestion de site internet, création de pages sur Facebook et Tumblr, vidéos… J’aimais toucher à tout, et le fait de travailler dans une enseigne indépendante me laissait une grande liberté pour expérimenter.

En parallèle, quand Facebook s’est imposé au début des années 2010, j’ai lancé plusieurs pages « pour le plaisir ». Certaines ont pris de l’ampleur : aujourd’hui, certaines dépassent les 150 000 abonnés. Je continue d’en animer quelques-unes. C’est un terrain de jeu qui me permet de tester des formats, de comprendre les rouages de l’algorithme Facebook, d’expérimenter différents types de contenus.

À côté de mon job, j’ai lancé jebosseengrandedistribution.fr. Ce blog, qui reprend vie ces derniers temps, vit aujourd’hui surtout via ses déclinaisons sociales : Facebook et Instagram. Sur Facebook, j’ai rassemblé une communauté de pros du secteur et je partage surtout les photos envoyées par les membres. Plus de 130 000 abonnés aujourd’hui. Ce projet est né de ma curiosité et de mon envie de raconter le quotidien d’un univers souvent opaque. Rapidement, le blog a trouvé son public. Coup du hasard ou non, l’article qui l’a fait décoller était une enquête sur les marques de distribution et leur présence… sur les réseaux sociaux. L’AFP l’a relayée, plusieurs médias m’ont cité, et tout s’est accéléré. C’est là que j’ai compris que mon travail avait de l’écho.

Le blog a continué à grandir en parallèle de mon activité salariée : je publiais entre un et deux articles chaque semaine, pendant quatre ans. J’y racontais mon quotidien, mes convictions, mes coups de gueule, mes points de vue. Cette activité m’a appris énormément, surtout dans un secteur où on ne compte pas ses heures. J’ai touché à tout : initiation au développement web, écriture en ligne, montage vidéo, bases du référencement, animation de communauté… Tout ça il y a déjà sept ou huit ans.

Le jour où j’ai décidé de tourner la page de la grande distribution, c’est tout naturellement vers le numérique que je me suis dirigé. Porté par la curiosité, j’ai mis quelques semaines à trouver une start-up qui m’a fait confiance. J’ai posé la première pierre : missions éditoriales web, création de blogs, webmarketing. Pendant cette période, j’ai aussi postulé à deux postes plus stables, dont un dans l’Ouest de la France. Une sorte de retour à plus de sécurité, après l’intensité de la start-up.

Quel est votre travail en tant que responsable des médias sociaux ?

Onze mois après avoir quitté la grande distribution, une opportunité s’est présentée chez Ouest-France. À l’époque, les réseaux sociaux explosaient, la concurrence était rude. Ma mission : « s’occuper des réseaux sociaux », un poste à inventer, car j’étais le premier à occuper cette fonction dans l’entreprise. Il a fallu s’imposer, se faire une place dans une structure de 1 500 salariés, répondre à de fortes attentes.

Aujourd’hui, je pilote le marketing social media pour Ouest-France et d’autres titres du groupe (Courrier de l’Ouest, Maine Libre, Presse Océan). Le métier a beaucoup évolué en trois ans. L’objectif n’est plus seulement d’acquérir de l’audience : il s’agit de bâtir des stratégies pour développer les communautés, renforcer l’engagement, toucher de nouveaux publics, et contribuer à la montée en puissance des abonnements numériques. J’assure aussi de nombreuses formations et j’incite à l’adoption des réseaux sociaux au sein des équipes. C’est ce qui définit le cœur de mon métier.

Au quotidien, mon travail consiste à faire de la veille, analyser les résultats, animer les communautés, piloter des campagnes Facebook, gérer des projets transversaux. Au départ, j’ai même enfilé la casquette de journaliste et j’ai réalisé des interviews avec des personnalités reçues par la rédaction : Julien Doré, Alain Chabat, Louane, Stéphane Bern… Un exercice à la fois stressant et très stimulant.

Évidemment, le blog était un tremplin pour changer de voie. Recommanderiez-vous de créer un blog ? Et pourquoi ?

La réponse n’est pas toute faite. Ce qui compte avant tout, c’est de suivre votre moteur, d’y aller à fond. La passion m’a toujours guidé. Tenter de copier un modèle ou de faire comme quelqu’un d’autre n’a pas de sens selon moi.

Il faut bien se connaître, miser sur ce qui nous rend singulier, et bâtir un projet autour de ça.

À l’heure où le web et les réseaux sociaux sont omniprésents, il est judicieux de travailler sa présence en ligne, mais sans perdre de vue la prudence. Les réseaux sociaux ont cette capacité à embellir la réalité, à tout lisser, mais aussi à révéler ce que nous sommes. Il s’agit donc de réfléchir à l’image qu’on souhaite transmettre. Je recommande d’opter pour l’authenticité, d’être aligné avec ce qu’on incarne vraiment.

Si vous souhaitez valoriser votre expérience ou simplement partager ce qui vous fait vibrer, alors oui, le blog peut s’avérer pertinent. Des portes s’ouvrent, les contacts se multiplient. Parfois, une idée en amène une autre, des opportunités inattendues se présentent. On ne sait jamais où cela peut mener : il y a des échecs, des surprises, et des rencontres qui changent la donne.

Et demain, comment voyez-vous le reste de votre carrière ?

Pour la suite, j’envisage de créer ma propre structure et d’exercer comme consultant indépendant. Ces derniers mois, j’ai pris conscience que le marché du travail se transforme en profondeur. L’arrivée des générations plus jeunes bouscule la relation à l’entreprise ; on sent une ouverture nouvelle.

J’aimerais redonner vie à mon site, mais aussi accompagner d’autres entreprises, notamment dans les médias, sur leurs stratégies sociales ou leur création de valeur. Ce qui m’anime, c’est de pouvoir réfléchir à de nouveaux défis, d’innover, d’aller là où l’on n’attend pas forcément.

Que recommanderiez-vous à quelqu’un qui veut obtenir un emploi dans un nouveau domaine ?

À mon avis, il est vain de forcer les choses. Selon le moment où l’on entre sur le marché du travail, les enjeux diffèrent. Parfois, on veut acquérir de l’expérience ; d’autres fois, on cherche à évoluer dans un secteur qui nous attire, dans un contexte où les offres se font rares. Je pense qu’il faut saisir les occasions, provoquer les rencontres, multiplier les échanges et les visites en entreprise…

Pour découvrir d’autres témoignages, c’est par ici !

Les logiciels de caisse en ligne : une convergence entre la grande distribution et les sites web comme point de départ ?

L’idée peut surprendre, mais il existe aujourd’hui un point commun évident entre la grande distribution et les sites web marchands : les logiciels de caisse. Ce n’est pas ce qui a déclenché la reconversion de Jonathan Le Borgne, mais il est clair que pour d’autres, la digitalisation des outils de gestion a ouvert de nouvelles perspectives. Désormais, tout se passe en ligne et disposer d’un logiciel de caisse devient incontournable dans de nombreuses situations.

Dès qu’un commerce, qu’il soit physique ou en ligne, doit gérer ses ventes, il devient indispensable de s’équiper d’une solution adaptée. Un logiciel de caisse ne se limite pas à l’encaissement : il permet aussi de fidéliser ses clients, de coordonner le travail d’équipe, de suivre ses résultats. Sur certains outils, il est même possible d’attribuer chaque vente à un vendeur précis : une façon concrète de piloter et d’animer l’activité au quotidien. Les fonctionnalités proposées par un bon logiciel de caisse comme ici sont nombreuses et s’adaptent à tous les besoins. Si vous hésitez encore, voici ce que ces solutions peuvent vous apporter :

  • une interface simple à prendre en main, même sans connaissances techniques
  • un tableau de bord complet pour visualiser les ventes et toutes les données de l’entreprise
  • une utilisation possible sur ordinateur comme sur smartphone, pour rester connecté partout

Le numérique ne cesse de bousculer les codes, et chaque outil adopté aujourd’hui peut devenir le tremplin d’un nouveau parcours. Qui sait de quoi demain sera fait ?