Changer de voie n’a rien d’exceptionnel. Aujourd’hui, la carrière linéaire appartient au passé : chacun devra, au moins une fois, repenser sa trajectoire professionnelle. Pour faire face à ces parcours en constante évolution, le congé de transition professionnelle (CTP) a vu le jour.
Au fil des années à venir, il ne suffira plus d’occuper un poste ; il faudra savoir se réinventer. Le CTP, pensé pour accompagner ces virages, est devenu le mot d’ordre de ceux qui veulent maîtriser leur avenir professionnel.
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Le CPF transitoire, héritier d’un dispositif phare
Le congé individuel de formation (CIF) a longtemps permis aux salariés de s’offrir une parenthèse pour apprendre, se former, bifurquer. Avec la réforme impulsée par la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel à l’été 2018, le paysage de la formation continue a été redessiné. Le CPF, Compte Personnel de Formation, a pris une nouvelle dimension : l’entreprise en devient l’un des acteurs clés.
Exit le CIF, place au congé de transition professionnelle. Objectif affiché : donner aux salariés davantage de latitude pour conduire leur propre projet de reconversion. Désormais, quiconque souhaite changer d’emploi peut s’appuyer sur son CPF, en sollicitant ce nouveau dispositif appelé CTP, ou tout simplement CPF de transition.
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Reconversion ou évolution, le CTP au service des salariés
Reprendre la main sur sa carrière, se former à un nouveau métier, le CTP facilite ces démarches devenues incontournables. Sa particularité ? Sa durée s’adapte à celle de la formation choisie. Le temps de s’outiller vraiment, sans précipitation ni contrainte arbitraire.
Comment bénéficier du CTP ?
Pour pouvoir activer ce droit, il existe deux conditions d’accès à remplir. Concrètement, il faut justifier de l’un des parcours suivants :
- 24 mois d’activité, consécutifs ou non, dont 12 mois dans la même entreprise
- Ou bien, 24 mois d’activité (consécutifs ou non) sur les 5 dernières années, dont 4 mois sous contrat au cours des 12 derniers mois
Certains publics, travailleurs en situation de handicap ou salariés licenciés pour motif économique ou inaptitude, sont dispensés de ces critères d’ancienneté.
Autre impératif : respecter les délais de demande auprès de l’employeur. Deux cas de figure existent :
- Informer son entreprise 60 jours avant le début de la formation si celle-ci dure moins de 6 mois ou se déroule à temps partiel
- Prévenir 120 jours à l’avance pour une formation de plus de 6 mois
Un cadre clair pour la liberté du salarié
L’entreprise dispose de 30 jours pour répondre à la demande. Silence radio ? La demande est réputée acceptée. Un report d’au maximum 9 mois peut être imposé, mais seulement dans certains cas précis : si plusieurs salariés partent en même temps, ou si l’absence met en péril le fonctionnement de l’équipe. Le texte fixe aussi des plafonds :
- Dans les structures de plus de 100 salariés, pas plus de 2% de l’effectif ne peut être simultanément en CTP
- Dans les plus petites entreprises, un seul salarié à la fois peut en bénéficier
Peut-on choisir librement sa formation ?
Le salarié conserve une marge de manœuvre, mais le projet doit être solide. Il pourra solliciter un conseiller en évolution professionnelle (CEP) pour clarifier ses objectifs et bâtir un dossier cohérent. L’enjeu : viser une certification reconnue, gage de sérieux pour la suite du parcours.
La demande de CTP est ensuite examinée par la Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR). Cette instance évalue la pertinence du projet et valide le financement. Sans feu vert de la CPIR, pas de départ en congé. Chaque décision, motivée, est notifiée au salarié. Pendant la période de transition du dispositif, c’est la FONGECIF qui prend temporairement le relais pour l’analyse des dossiers.
Quelle rémunération durant le CTP ?
Se former, c’est aussi s’assurer de pouvoir tenir financièrement. Tous les salariés en CTP touchent une rémunération, versée soit par l’employeur (si l’entreprise compte plus de 50 salariés), soit directement par la CPIR. Le montant ? Il dépend du salaire moyen de référence, calculé sur les 12 derniers mois (ou 4 pour les CDD).
Si ce salaire de référence ne dépasse pas deux fois le SMIC, le salarié perçoit 100% de son salaire habituel. Au-delà, la règle change :
- Pour une formation de moins d’un an (ou 1 200 heures à temps partiel) : 90% du salaire moyen
- Si la formation dépasse un an ou 1 200 heures : 90% la première année, puis 60% les suivantes
La création du congé de transition professionnelle se veut une réponse concrète à l’accélération des besoins de reconversion. Saura-t-il, à l’épreuve des faits, soutenir l’audace de celles et ceux qui décident d’oser le changement ? L’avenir, et les parcours individuels, trancheront.
Pour aller plus loin
Ce CTP, véritable tremplin ou simple coup de pouce ? Le débat reste ouvert, entre promesses d’accompagnement et obstacles persistants.

